Avignon et son off poétique jusqu’au 21 juillet

© PAffiche : Oleksandra Dementieva, étudiante ukrainienne de l’École Supérieure d’Art Avignon

2024 est une année de défis et de mutations pour le festival Off Avignon. D’abord menacé d’annulation car trop proche des Jeux Olympiques, le festival est parvenu à se maintenir à la condition de baisser son rideau le 21 juillet.

Chaque année, le festival Off d’Avignon offre une respiration et propose un passage poétique à travers quelques brèches, libres et généreuses, dans les remparts historiques de la cité. Cette poésie est un espace de liberté. Dans une cité où les voix peuvent parfois être étouffées par le bruit et la routine, elle offre un refuge pour l’expression individuelle. Dans les spectacles proposés lors du festivals, les poètes défient les normes, interrogent l’ordre établi et invitent à la réflexion critique.

Le off se fait également au Figuier Pourpre, la Maison de la Poésie d'Avignon

Dans le cœur de la vieille ville se trouve un lieu incontournable pour les amateurs de poésie : Le Figuier Pourpre / Maison de la Poésie. Ce havre de paix et de créativité offre une évasion au tumulte urbain. Dès que l’on franchit la porte, l’atmosphère change et les murs chuchotent les pensées des grands poètes du passé mais surtout ceux du présent.

Le Figuier Pourpre est un lieu du Off proposant trois formules, la programmation classique pendant la journée et la soirée, les Matinales (petits déjeuners littéraires à 10h du matin), les Scènes de la nuit (soirées cabaret, musique, chanson, slam . . . à 23h30).

Pour ceux qui aiment la poésie, Le Figuier Pourpre est bien plus qu’un lieu de passage.

3 spectacles à ne pas manquer

© DR

Au Vieux Balancier

du 2 au 21 juillet

Cœur sans echo

De Federico García Lorca

Création sur les poèmes les plus célèbres de Lorca qui accèdent à l’universel dans sa force de vie et de contraste, les grandes émotions et étapes de l’existence, leurs appels à l’Autre, aux éléments naturels et cosmogoniques et leur dimension mythique. Ils participent tous aux différentes douleurs obligatoires et nécessaires qui forgent notre être mais sans aucune amertume puisque l’écriture de Lorca chante l’éveil total des sens, le mystère et la puissance de la vie, sa poésie.

Lorca utilise “des mots simples” en “un certain ordre assemblés” pour décrire, décrypter, traduire ou évoquer le grand mystère de la vie, la joie et la souffrance des hommes, tous différents, tous pareils, et qui s’appellent tous Adam. Son vocabulaire est semblable à celui des Paraboles : le jour, la nuit, le soleil, la lune, l’ombre et la lumière, l’amour et la mort, le marbre ou l’olivier. Et puis l’oeillet qui est son lys des champs. Des mots dont le lecteur connaît bien la musique. Comme ajoute le poète Jorge Guillen, “sa clarté est envahissante.” Lorca, même s’il prend des libertés, rend souvent hommage au peuple de Grenade et inscrit souvent sa poésie dans une tradition poétique et musicale andalouse : un retour aux sources et à la présence arabe, gitane et juive. Un « romancero » (genre appartenant à la tradition poétique espagnole) est consacré aux gitans, comme pour réconcilier les deux mondes. Avec toutes les formes se référant au « Cante », la musique et le chant deviennent deux éléments constitutifs du poème lorquien.

© DR

Au Vieux Balancier

du 12 au 16 juillet

Divine comédie

De Dante Alighieri

Le spectacle est une expérience qui caresse les sens à travers les plus belles compositions du grand poète Dante Alighieri: l’entrée dans la forêt sombre, le premier chant de l’Enfer, «Paolo et Francesca», «Ulysse», le XXXIII chant du Paradis, prière à la Vierge Marie.

La lecture de Dante aide à comprendre le monde des relations humaines et des émotions et amène l’auditeur dans une expérience satisfaisante au contact des versets poétiques les plus élevés.

L’artiste Nicola Michele, avec ses notes de mise en scène aiguës et claires, témoins d’une longue et respectueuse étude, rappelle le sens, le bonheur de l’intuition, le potentiel communicatif de l’œuvre théâtral.
(Prof. Carlo Ricci, connaisseur expert de la Divine Comédie)

Notes de mise en scène
Le spectacle invite le spectateur à visiter les lieux du poème pour percevoir rythmes et suggestions.
Nous mettons en scène les évocations qui amènent l’homme à réfléchir sur lui-même.
L’histoire d’Ulysse porte en elle sa signification tragique et le couple d’amoureux, entre Paolo et Francesca, nous fait soupirer et fait battre notre cœur.
Dante lui-même, dans le chant XXXIII du Paradis, fait l’expérience de la relation entre le regard et la lumière divine.
L’invitation que nous lançons au spectateur est de faire coïncider, l’espace d’un instant, sa vie avec notre vie scénique pour partager les émotions de la poésie.

© DR

Théâtre du Roi René

du 16 au 21 juillet

Jean-Noël Mistral

De Arnaud Aymard

Poète des chemins, des taillis, des cigales, Jean Noël Mistral nous délivre au fil de ses cahiers la lecture de ses meilleurs poèmes.

Vagabond aux pieds nus, voyageur sur un fil, berger des mouches, vacher des tourterelles, isolé dans son radeau de solitude depuis une adolescence troublée, Jean Noël nous dira des choses de sa voix qui chevrote comme cahute la vieille chèvre éclopée sur un pic. Cette voix fragile à l’imperceptible accent à couper au couteau, comme un filet d’eau pure, éclabousse villages et villageois d’une douce rosée.

Pas de commentaire

Désolé, Strophe.fr n'autorise pas les commentaires pour cet article.

#SUIVEZ-NOUS SUR INSTAGRAM