19 Mar Poésia à Val-de-Reuil du 29 au 31 mai
Du 29 au 31 mai, La Factorie fête les dix ans de son festival Poésia à Val-de-Reuil. Trois jours gratuits, une île transformée en terrain d’écriture, de musique et de performance, avec quatorze poètes, quatre concerts, deux expositions et une programmation qui fait circuler la poésie entre écoles, rue, scène et clairière.
À Val-de-Reuil, Poésia ne se regarde pas, il se traverse. Pour sa 10e édition, La Factorie déploie un format ouvert, presque indiscipliné : lectures, slam, breakdance, concerts, ateliers, radio, projections et parcours poétique sur l’île du Roi. Le mot d’ordre, “Partons à la dérive”, annonce la couleur. Ici, le poème quitte la page pour s’éprouver dans l’espace, au contact direct du public.
Trois jours, trois rythmes
Le festival s’ouvre entre Rouen et Val-de-Reuil avec un Poètobus en circulation, une scène slam/rap, un battle de breakdance et le duo Emanuel Campo – Éric Pifeteau. L’entrée en matière est frontale, urbaine, volontairement hybride.
Le lendemain, changement de tempo. L’île du Roi devient le cœur du dispositif. Atelier avec Aurélien Dony, lectures-performances de Laurence Vielle, Sabine Venaruzzo et Stéphanie Lemonnier, puis deux concerts — Hypermétrope et Facteur Zèbre — qui prolongent la poésie dans la musique.
Le dimanche assume une forme plus éclatée. “Poésie à la carte”, Prix CoPo, performances de Sarah Masson, Mélanie Leblanc et Emanuel Campo. La clôture, confiée à Ben Herbert Larue, tient davantage du final scénique que du simple salut.
Poésia ne se limite pas à un week-end. En amont, tout le mois de mai est investi dans les écoles et collèges. Sur place, l’île devient un espace vivant : labyrinthe végétal, installations, maquillage, jeux, lectures jeunesse. Le public ne consomme pas, il circule, s’arrête, participe.
Cette logique d’extension fait la singularité du projet. La poésie n’y est pas un genre isolé mais une pratique partagée, qui se fabrique avec le territoire.
Trois jours, trois rythmes
Derrière cette apparente liberté, un réseau solide. Poésia dialogue avec des structures comme le Printemps des Poètes, Terres de Paroles, le FiEstival de Bruxelles ou Les Mots à la Bouche à Nantes. Côté édition, plusieurs maisons indépendantes sont présentes, confirmant l’attention portée à la poésie contemporaine.
Le festival s’inscrit ainsi dans une double logique : ancrage normand et circulation des voix. Pas une vitrine, plutôt un point de passage.
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