17 Juin Prix de poésie du Bellovidère 2027 : les candidatures sont ouvertes
Les candidatures sont ouvertes pour l’édition 2027 du Prix de poésie du Bellovidère. Derrière cet appel à participation se dessine une initiative rare : un prix littéraire qui ne se limite pas à couronner un livre, mais qui organise autour de lui lectures, ateliers, rencontres et circulation des textes dans un territoire rural de l’Yonne. Une autre manière de défendre la poésie contemporaine.
Dans le paysage foisonnant des distinctions littéraires, certaines récompenses cherchent avant tout à désigner un vainqueur. D’autres tentent de construire un écosystème. Depuis plusieurs années, le Prix de poésie du Bellovidère appartient clairement à la seconde catégorie.
Installé à Beauvoir, dans l’Yonne, le Bellovidère est un théâtre indépendant qui développe depuis 2008 un travail de diffusion culturelle en milieu rural. Le spectacle vivant en constitue le cœur historique, mais la poésie y a progressivement trouvé sa place jusqu’à devenir l’un des axes majeurs du projet. Chaque année, un recueil récent de poésie francophone y est distingué, non comme un simple objet éditorial mais comme un point de départ pour une série d’actions culturelles sur le territoire.
Pour l’édition 2027, les organisateurs lancent un appel aux éditeurs et aux auteurs. Sont éligibles les ouvrages publiés entre septembre 2025 et octobre 2026. Les recueils devront parvenir au jury avant le 31 octobre 2026.
Une récompense qui s’inscrit dans la durée
Au Bellovidère, la remise du prix n’est que la partie visible d’un travail plus vaste.
Les ouvrages sélectionnés alimentent des lectures publiques, des rencontres avec les habitants, des ateliers scolaires et diverses formes de médiation. Le livre ne reste pas sur une table de jury : il circule. Cette logique explique en partie la réputation acquise par le prix dans le milieu poétique francophone.
Après le parrainage successif de Jean-Pierre Siméon, Claude Favre et Hélène Miguet, l’édition 2027 sera placée sous le regard d’Antoine Mouton.
L’auteur a reçu le prix 2026 pour Nom d’un animal, publié aux Éditions La Contre Allée. Ce livre hybride, situé entre poésie, récit, enquête et réflexion sociale, interroge le rapport contemporain au travail avec une ironie discrète et une réelle inventivité formelle. Le jury avait salué une œuvre capable de mêler expérience individuelle et questionnement collectif.
Une géographie discrète
Dans une ancienne géographie culturelle souvent décrite comme périphérique, ce petit théâtre a réussi à créer un rendez-vous identifié par les éditeurs, les auteurs et les lecteurs. Le pari est simple : considérer que la poésie mérite les mêmes espaces de rencontre que les autres formes artistiques.
L’appel à participation 2027 prolonge cette ambition. Il invite les éditeurs à envoyer leurs publications récentes, mais il rappelle surtout qu’un prix peut encore être autre chose qu’un classement annuel. Un lieu de lecture, de débat et de transmission.
Dans un secteur où les recueils disposent rarement de longues vitrines médiatiques, cette obstination a quelque chose de précieux : elle redonne du temps aux livres.
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