Fenêtre ouverte sur la poésie

Sarah A.

Le manège

Auprès de la Tour de Fer
Tourne, tourne le carrousel

Sous un ciel flamant
Rose comme bonbon
J’écoule mon précieux temps
Aux murmures des accordéons

Je me moque du temps
Des aiguilles qui tournent en rond
Je freine et séduit l’instant
Qui se faufile inexorablement

Auprès de la Tour de Fer
Tourne le carrousel à l’envers

Sur mon fier destrier
Ce mustang blanc et doré
Que je monte en ballotades
Secoué de cavalcades

Je cabriole en liberté
Malgré le temps fugace
Je suis le pas effréné
Du Tempo qui passe

Auprès de la Tour de Fer
Tourne, tourne le carrousel

Que courent et tourbillonnent les saisons
Le ballet des chevaux de bois
Le manège des chevaux qui flamboient
Parade d’infortune pour les Rois

Aux assauts du Mandala
Je bouleverse mon existence
Au rythme du rire en éclat
Gage d’une si belle espérance

Auprès de la Tour de Fer
Tourne, tourne l’ancien carrousel.

Nostalgies d'automne

La brume douce de l’Automne
Souffle sur les feuilles de pourpre,
Un vol d’oiseaux tourbillonne
Dans un matin laiteux d’octobre.

Le vent frais de l’Automne
Soupire en un long gémissement
Et balaye tout en délicatesse
La Nature de son habit flamboyant.

Un enfant dans la cour de récré,
Les poches pleines de billes,
Regarde, ému, l’immense ballet
Des feuilles qui dansent et vacillent.

Quand frissonne le calme horizon,
La profonde forêt s’embrase
Brûlant sa robe de roux et d’or
Où nichent à ses pieds des champignons.

L’Automne chasse l’ardeur de l’été
Le ciel verse, goutte à goutte,
Dans les clairières son émoi contrarié
À la faveur du brouillard humide.

Le vent d’antan, de son archet
Joue sa complainte désenchantée,
Effilochant la toilette embaumée
Des arbres s’effeuillant à la nudité.

Dans la profondeur des pénombres,
Les froides ténèbres s’avancent ;
Les arbres tels des squelettes
Élancent leurs doigts vers le ciel.

Novembre de son air mouillé et grisé
Semble courtiser l’hiver glacé
Faisant danser sur le sol jonché
La langueur des feuilles rouillées.

© tous droits réservés - Sarah A.

Née à Châlons-sur-Marne en 1979, je développe une relation passionnée avec les mots dès l’enfance. Inspirée par Mylène Farmer, j’écris mes premiers poèmes à neuf ans. Considérant l’écriture comme un art minutieux, je façonne mes textes avec soin, explorant des thèmes empreints de féerie et de mystère. Mon recueil, Mon Ombellune, a reçu le deuxième prix de poésie de Flayosc en 2013. Curieuse, je m’intéresse aussi à l’Histoire et au patrimoine culturel, nourrissant mon imaginaire.
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