Fenêtre ouverte sur la poésie

Au seuil du jour

Il manque toujours une consistance au-delà de l’épaisseur des corps et leur pesanteur. Sur le chemin de l’éther, d’abord se présente le vin. Nos âmes nous manquent. C’est dans l’amour qu’on cherche la substance, l’origine, l’essence de nos empreintes. Une vie entière pour se relier à ce que nous avons choisi d’oublier dans la chair. Des vies entières à ne plus se souvenir de la pierre, à attendrir nos cœurs meurtris par nous-même. Responsables de chaque errance, commanditaires des voiles et des brumes, ministres de nos intransigeances, la paix échappe toujours un peu.

Laisse la lumière se poser sur toi, s’engouffrer dans tes veines et réchauffer ton cœur. Le soleil ne brûle pas, il pense, la vie suggère ses intentions. Chaque journée est neuve d’hier, l’astre roi s’offre la quintessence de ses innombrables naissances. Saisis l’aurore et la journée sera tienne, jamais tiède des images de la veille. D’œil en deuil, laisse mourir dans tes yeux les vieux reflets de l’ego. Souffle et jouis du présent qui se donne à toi, comme le parfum des roses blanches qui ne demandent rien en retour, sinon que l’effluve provoque une rivière de sourires dans ton sang. La lumière, c’est ta justesse.

Morgan Formont

extraits de "Au seuil du jour"

© tous droits réservés -Éditions Morgan

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