09 Juil Puissance de la discrétion
Ce point
où il faudra finir
de se taire
et de raser les murs
Ce temps
où il faudra songer
à de nouveaux rêves
pour briser les parois du silence
libérée du pire
et des outrances
Cet horizon
où l’on pourra courir
à travers les coups du sort et les loups
sans feux et sans cris
loin des canons de la force
Où est-il ?
(extrait)
C’est un livre qui arrive sans bruit. Un petit livre noir, sobre, presque timide. Et pourtant, dès les premières lignes, il crie à sa façon. Dans Puissance de la discrétion, publié en juin aux Éditions Henry (collection La Main aux poètes, dirigée par Jean Le Boël), Sonia Pavlik avance masquée. Journaliste, conseillère éditoriale, elle sait l’importance du silence et de la retenue. Elle sait aussi que la vraie force n’a pas besoin de hurler pour frapper.
Une discrétion comme arme poétique
Journaliste et conseillère éditoriale, Sonia Pavlik a choisi la poésie comme laboratoire de l’intime. Son écriture, à la fois épurée et précise, semble chuchoter pour mieux résonner. Puissance de la discrétion n’est pas un simple exercice de style minimaliste : c’est un appel à observer ce qui se dit dans l’ombre, ce qui gronde derrière le silence. Sonia Pavlik prouve que la discrétion n’est pas faiblesse mais force de frappe. Son regard est attentif aux détails, aux émotions ténues, aux micro-souffles de l’existence qui, sous sa plume, deviennent événements.
Finaliste remarquée
Finaliste du Prix des Trouvères 2025, ce recueil séduit par la densité de ses images et sa cohérence thématique. La poésie de Sonia Pavlik se lit comme une confidence maîtrisée, mais jamais fade. Ici, l’inachevé devient puissance, le non-dit devient éclat. On y entend la résonance d’une écriture qui refuse le bavardage pour concentrer l’intensité.
Entre précision journalistique et vertige poétique, Sonia Pavlik explore un langage de l’effacement qui n’a rien d’un renoncement. Elle montre au contraire que la discrétion est un angle d’attaque, une position d’observation et une manière d’exister pleinement sans céder au vacarme. Car au fond, Puissance de la discrétion est un livre militant. Pas par ses slogans, mais par sa manière d’affirmer la discrétion comme puissance. Ce recueil est moins un cri qu’un souffle – mais un souffle qui déplace l’air et oblige à écouter autrement.
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