Suisse : Cellules poétiques du 24 au 29 mars

Photos : © Strophe.fr

Informations pratiques

24 au 29 mars

Entrée : libre sur réservation programmation.

Du 24 au 29 mars 2026, à Martigny, le festival Cellules poétiques déploie une programmation qui ne se contente pas d’aligner des lectures. Installations au casque, performances cuivre et marimba, traductions critiques, poésie-rock et textes engagés : ici, la langue est mise en situation. Et parfois en danger.

À Martigny, la poésie circule entre La Grange à Émile, les Caves du Manoir, Le Manoir de la Ville et La Voûte. L’édition 2026 assume une ligne claire : sortir le texte du livre sans l’affadir, l’exposer au son, au corps, à la scène, sans céder à l’effet gadget.

Écoute immersive et tension sonore

Avec Tarmac, la poète Eve-Line Berthod, la photographe Florence Zufferey et le musicien Luca Gillioz proposent une installation sonore à parcourir au casque. Le dispositif impose un ralentissement : on entre dans la poésie comme dans un espace d’écoute. Le festival gagne ici en cohérence — il ne s’agit pas de « faire moderne », mais de créer une condition de réception.

L’ouverture, Désastronautes, réunit Thierry Raboud, Victor Decamp et l’Ensemble Slide Collective autour d’une performance pour six trombones, tuba et machine à écrire. L’idée — naviguer dans un monde en crise — pourrait virer au manifeste. Elle devient intéressante si la musique et le texte se contredisent autant qu’ils se soutiennent.

Même tension dans Mutilation des chênes, texte d’Olivier Vonlanthen, voix de Roland Vouilloz, percussions de Didier Métrailler : le marimba et les instruments en bois dessinent un paysage sonore où la matière devient argument. La réussite tiendra à l’équilibre entre métaphore écologique et expérience physique.

Héritages, traductions, engagements

Le 27 mars, Dispersés explore les poèmes de Jack Kerouac dans un format mêlant théâtre, slam et musique, porté par Sandro De Feo et Timothée Giddey. Bonne intuition : revenir au Kerouac poète, moins mythifié que le romancier.

La même soirée, Le Soir des lions place les textes de Pat Genet dans un cadre rock avec des membres de Charlotte Quand Même. Là encore, tout dépendra de la tenue de la langue : le rock peut amplifier, mais aussi masquer.

Le 28 mars, la séquence autour de Friedrich Dürrenmatt rappelle que la poésie est aussi affaire d’édition et de traduction. Lecture et discussion avec le traducteur Alexandre Pateau et Élisabeth Chardon : des poèmes inédits en français, et une réflexion sur pouvoir, servitude et technique — sans nostalgie.

Autre moment attendu : Personne ne ramasse ma langue, performance de Chloé Bieri et Lisa Tatin à partir de textes de Lisette Lombé, Stéphanie Vovor, Cécile Coulon, Kae Tempest et Laura Vazquez. Une poésie explicitement politique, en déambulation dans le public. Le défi sera d’éviter le slogan pour atteindre la forme.

À noter enfin Milhit l’a dit jazzy, autour des poèmes de Pierre-André Milhit.

Une ligne assumée

Cellules poétiques 2026 ne cherche ni la neutralité ni la consolation. Elle mise sur l’écoute, la matérialité et la confrontation des formes. Toutes les propositions ne produiront pas la même intensité — c’est le risque inhérent à une programmation qui préfère l’expérience à la tiédeur. Mais c’est précisément là que le festival trouve sa nécessité : rappeler que la poésie n’est pas un supplément culturel, mais un acte.

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