Au bord de ma chute, quand la faiblesse me prend,
Il s’éveille, le démon, maître en silence,
Niché dans mes veines, il tire les ficelles,
Ventriloque de chair, larve insatiable.
Tel un ver gordien, il creuse ses labyrinthes,
Dévore mes entrailles, festin d’organe et d’âme,
Mon cœur se brise en pulsations fanées,
Mes boyaux se tordent sous ses crocs invisibles.
Je sens ma peau céder, fine coque fissurée,
Un cocon d’horreur, prêt à s’ouvrir.
Il déchirera mes murs de chair en un cri,
Naissance d’une ombre, enfantée par la douleur.
Le mal danse dans mes os fracturés,
Siphonne mes doutes, nourrit mes cauchemars,
Et tandis que je me vide, qu’il s’emplisse de moi,
Je deviens l’écho d’un souffle éteint.
Il me laissera là, pourri sous les astres,
Offrande morbide à la volée des mouches.
Les charognards feront leur banquet d’éclats,
Et dans la nuit, les engoulevents chanteront,
Leur mélodie funèbre, sourde et cruelle,
Accompagnant ma descente, lente et ultime.
Je suis le théâtre de son œuvre affamée,
La carcasse d’un être, rongé jusqu’à l’ombre,
Un désert de vie, vidé par son venin.