11 Nov Audiberti, l’inclassable : un souffle épique pour un soixantième anniversaire
Informations pratiques
Samedi 22 novembre
14-18 heures
mairie du 5° arrondissement de Paris
Un « Anticolloque » où viendront parler librement de « leur » Audiberti : Costaz Gilles, Champion Gilles, Debray Quentin, Fournier Bernard, Maréchal Mathias, Pagès Frédéric, Penchenat Jean-Claude, Ponty Laurent et Slavkova Iveta.
Samedi 6 décembre
9-19 heures
maison/ musée Victor-Hugo,
place des Vosges - Paris
Colloque « Audiberti/ Victor Hugo : une ligne de hérauts », avec Jordi Brahamcha-Marin, Bernard Fournier, Danièle Gasiglia-Laster, Hélène Kuchmann, Frédéric Pagès et Agnès Sandras.
Jeudi 8 janvier 2026
19 heures
Théâtre National de Nice
lecture de textes d’Audiberti par Hervé van der Meulen et sa troupe.
Né au crépuscule du XIXème siècle et mort au milieu du XXème, Audiberti a poursuivi la lancée des réformateurs de la poésie (Hugo, Mallarmé) et de la littérature tout entière.
Mais, à part Le Mal court et Le Maître de Milan, qui a lu ses vingt-six pièces, vingt-trois romans et quinze recueils de poèmes ? Son œuvre, qu’on dit baroque, est riche, forte, essentielle ; déroutante parfois, détonante toujours ; elle ne se laisse que peu enfermer dans les codes, dans les cadres. Mais c’est un plaisir de lecture sans cesse renouvelé. Sa « pensée est bousculée, harcelée, précipitée sans cesse par des sautes de verbe d’une brusquerie incomparable » selon André Pieyre de Mandiargues.
Audiberti est aussi peintre, dessinateur. Journaliste, il croque la vie, les gens et la langue. Ce « troubadour naturalisé », selon Georges Perros, fut l’ami de Leonor Fini, François Truffaut, André Parinaud, Jean Paulhan, Claude Nougaro, Jean Follain, Jacques Baratier et Maurice Chapelan.
Il est urgent de faire lire cet auteur inclassable, dont toute l’œuvre est un poème épique. Tout part d’un éblouissement à Antibes. Tout revient dans les rues de Paris.
Mais Audiberti ne fait pas de littérature. Il écrit.
Si je meurs, qu’aille ma veuve
à Javel près de Citron.
Dans un bistrot elle y trouve,
A l’enseigne du Beau Brun,
Trois musicos de fortune
Qui lui joueront – mi, ré, mi-
L’air de la petit Tane
Qui m’aurait peut-être aimé
Puisqu’elle n’offrait qu’une ombre
Sur le rail des violons.
Mon épouse, ô ma novembre,
Sous terre les jours sont lents.
Race des hommes, Poésie/ Gallimard, 1968, p. 22
Véra Cruz
Ce petit qu’il faut qu’on fusille
On le mena devant la croix.
Cigarettes, blancheurs de fille,
Il tira, de sa poche, trois.
Une, il la mit à son esgourde,
L’autre à sa lèvre, et puis, en l’air,
Il jette son chapeau qui tourne
Comme le soleil du désert.
La troisième, soit une sainte,
Sur le calvaire il la perdit.
C’est elle qui poussa la plainte
Puisque les hommes n’ont rien dit. Des tonnes de semence, Poésie/ Gallimard, 1981,
Bagnolet
Ces maisons, ces arbres,
Ce zinc ? Bagnolet.
C’est pas beau. Ça parle.
Ça dit : « Je suis laid ».
Je suis laid. tant pire.
On est comme on est
Autre part, l’empire.
Ici, Bagnolet.
Des tonnes de semence, Poésie/ Gallimard, 1981, p. 156
Bernard Fournier
Président de l’Association des Amis de jacques Audiberti.
Laurent Ponty
Publié à 13:38h, 21 novembreAttention l’Anticolloque a lieu à la mairie du 6ème arrondissement de Paris.