13 Fév Poésià à Toulouse du 11 au 31 mars
Informations pratiques
11 au 31 mars
Entrée : libre sur réservation
Lieu : Hôtel d’Assézat
7, place d’Assézat, 31000 Toulouse
Du 11 au 31 mars 2026, l’Académie des Jeux floraux investit l’Hôtel d’Assézat pour une nouvelle édition de Poésià, dans le cadre du Printemps des Poètes. Concerts, performances, projections : la programmation assume un parti pris clair — déplacer la poésie vers d’autres formes sans la diluer.
Il y a quelque chose d’inattendu à voir l’une des plus anciennes académies littéraires d’Europe prendre le risque du frottement. Fondée au XIVe siècle, l’Académie des Jeux floraux cultive la continuité. Avec Poésià, elle choisit au contraire la circulation. Le thème 2026 — « La poésie en liberté » — pourrait sonner creux. Il trouve ici une traduction concrète : sortir le poème de la page et le confronter à d’autres médiums.
Une ouverture polyphonique
L’ouverture donne le ton. Le 11 mars, Bruno Ruiz présente Ars Poetica, une composition scénique bâtie à partir de fragments d’une trentaine de poètes vivants, dont Adonis, Vénus Khoury-Ghata, Daniel Maximin, Hélène Dorion ou Jean-Pierre Siméon. Le principe n’est pas celui d’une lecture en chaîne, mais d’un montage continu. Les voix se croisent, se répondent, parfois se contredisent. L’effet recherché n’est pas l’hommage mais la mise en tension d’écritures contemporaines.
Le lendemain, changement de registre avec Murmurations du pianiste et compositeur franco-italien Lorenzo Naccarato. Piano droit, magnétophones à cassette, platine vinyle modifiée : le dispositif revendique l’analogique. Inspirée des déplacements d’oiseaux en vol, la performance explore la répétition et la variation. Ici, la poésie passe par la structure sonore plutôt que par le vers.
La suite du programme confirme cette volonté d’hybridation. Muriel Verstichel présente une exposition de « poésie brodée » : le texte se matérialise dans le fil, prend corps, s’inscrit dans le tissu. Le 14 mars, la poétesse péruvienne Anunciada Fernández de Córdova est invitée autour de son recueil bilingue Le Naufrage du verbe / El naufragio del Verbo. Elle en a assuré elle-même la traduction française, faisant de la traversée linguistique un geste créatif plutôt qu’un simple passage d’une langue à l’autre.
La poésie comme traversée
Le 18 mars, projection de vidéos-poèmes suivie d’une discussion. L’image n’est pas convoquée comme illustration, mais comme forme autonome. Le 24 mars, le dialogue entre Casimir Prat et Bruno Ruiz s’accompagne de la calligraphie en direct de François Leroy : le texte se fabrique sous les yeux du public.
Le 25 mars, retour à une figure majeure avec un hommage à Claude Vigée (1921-2020), prix Goncourt de la poésie en 2008. Ses textes seront lus par Christian Saint-Paul, rappelant une œuvre traversée par l’exil et la mémoire. Le 26 mars, le chanteur Éric Fraj présente La Vida, accompagné par Morgan Astruc : un concert polyglotte où occitan, catalan, espagnol et français se croisent. Enfin, le 31 mars, la poétesse Ruling Zhang clôture l’édition avec une œuvre marquée par le déplacement culturel et linguistique.
Gratuite et sur réservation, la manifestation reste volontairement à taille humaine. Pas de grandes messes, pas de têtes d’affiche spectaculaires. Poésià 2026 avance autrement : par glissements, par passages, par rencontres. Dans le cadre Renaissance de l’Hôtel d’Assézat, la poésie n’est ni sacralisée ni folklorisée. Elle circule, change d’outil, s’expose au présent.
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