13 Fév Semaine de la poésie à Clermont-Ferrand du 14 au 21 mars
Informations pratiques
Du 14 au 21 mars 2026, la 39e Semaine de la poésie reprend ses quartiers à Clermont-Ferrand et dans plusieurs communes d’Auvergne. Une édition structurée autour d’Emmanuelle Pireyre et d’un focus sur la poésie roumaine. Pas d’effet de vitrine : le festival continue de miser sur la circulation des textes, la traduction et un travail de fond avec les publics.
À Clermont-Ferrand, la poésie n’a rien d’un supplément culturel de printemps. Depuis près de quarante ans, la manifestation s’est installée comme un rendez-vous structurant du paysage littéraire régional. L’édition 2026 ne cherche pas à réinventer la formule ; elle la consolide.
Le choix d’Emmanuelle Pireyre comme marraine donne une orientation nette. Lauréate du prix Médicis pour Féerie générale, l’autrice s’est imposée par une écriture qui interroge les discours contemporains et brouille les frontières entre essai, fiction et performance. Son intervention d’ouverture, Machine anti-machine, ne relève pas de la simple lecture : elle installe un rapport direct au public, à la voix, au rythme. Le texte devient espace critique, lieu de friction avec le réel.
Une géographie européenne assumée
L’autre axe fort de cette 39e édition se situe du côté de l’Europe centrale. Le festival met à l’honneur la poésie roumaine, notamment avec la venue d’Alexandru Bulucz, né en Roumanie et installé en Allemagne, où il publie en langue allemande. Ce parcours traverse déjà plusieurs territoires linguistiques. Les rencontres annoncées font dialoguer roumain, allemand et français, donnant à la traduction une place centrale.
À ses côtés, Linda Maria Baros — poète et traductrice, directrice artistique du Printemps des Poètes — participe à ces échanges. L’enjeu n’est pas décoratif : il s’agit de penser la circulation des textes à l’échelle européenne, d’observer ce qui change d’une langue à l’autre, ce qui résiste, ce qui se déplace.
Le cinéma vient prolonger ce mouvement. Plusieurs projections accompagnent la programmation littéraire. Là encore, le film ne sert pas d’illustration. Il agit comme contrepoint, ouvre une autre temporalité, élargit le champ du poème.
Un festival ancré dans le réel
La singularité de la Semaine de la poésie tient cependant à son ancrage territorial. Soixante-huit rencontres scolaires sont prévues. Les auteurs interviennent dans les établissements, rencontrent des élèves, travaillent les textes en atelier. Ce maillage discret constitue le socle du projet. La scène du soir n’est que la partie visible d’un travail engagé tout au long de l’année.
La programmation rassemble par ailleurs des voix d’horizons variés : Séverine Daucourt, Victor Malzac, Albane Gellé, Valérie Rouzeau, Mohammed El Amraoui, Thomas Vinau, Marc Blanchet, Marie Huot, Emmanuel Merle, Aurélien Dony ou Sébastien Fevry figurent parmi les invités. Un ensemble cohérent, sans starisation excessive, qui dessine un panorama de la poésie contemporaine francophone.
La 39e édition ne promet pas de révolution. Elle confirme une méthode : multiplier les lieux, favoriser les échanges, prendre la traduction au sérieux, maintenir un lien étroit avec les jeunes lecteurs. À Clermont-Ferrand, la poésie avance sans tapage. Elle s’inscrit dans le temps long — et c’est peut-être là sa force.
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