fiEstival maelstrÖm : la poésie sort les coudes du 14 au 25 mai

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Informations pratiques

14 au 25 mai

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364 chaussée de Wavre – 1040 Etterbeek

Pour sa 20e édition, le fiEstival maelstrÖm déploie « Renaissances » du 14 au 25 mai 2026 à Bruxelles, principalement entre Etterbeek, Ixelles, Saint-Gilles et Bruxelles-Ville. Ni salon sage, ni vitrine patrimoniale : le rendez-vous assume une poésie de terrain, de voix, de corps, de nuits longues et de frottements.

Le fiEstival maelstrÖm a vingt ans et ne se comporte pas comme un anniversaire bien peigné. Son édition 2026, sous-titrée « Renaissances », investit plusieurs lieux bruxellois — du quartier Jourdan au Rideau, du Vendôme à la Maison poème — avec des prolongements à Paris, Namur et Huy. Le programme annonce lectures, slam, performances, concerts, danse, scènes ouvertes et actions de rue. Ici, la poésie ne passe pas uniquement par le livre : elle circule dans les salles, les bars, les trottoirs et les corps.

Une poésie qui préfère le frottement

Le thème de la renaissance pouvait facilement sombrer dans le slogan abstrait ou le lyrisme automatique. Le fiEstival évite en grande partie cet écueil en travaillant le motif comme une zone de tension plutôt que comme une promesse lumineuse. Les textes et performances annoncés semblent davantage parler de métamorphoses accidentées, de passages, de fractures et de reconstructions que d’élévation spirituelle prémâchée.

Cette orientation se retrouve notamment dans la soirée « N’être ou renaître ? », programmée le 21 mai à la Maison poème, à Saint-Gilles, avec Claire Rengade, Annabelle Verhaeghe, Brice Bonfanti et Violaine Lochu. Le plateau mêle poésie sonore, performance et exploration vocale dans une approche où le texte cesse d’être un objet figé pour devenir une matière physique, parfois instable, parfois abrasive.

C’est d’ailleurs la singularité du projet maelstrÖm depuis ses débuts : considérer la littérature comme une expérience vivante plutôt qu’un patrimoine sous vitrine. Le festival prend le risque du débordement, du désordre, du mélange des formes. Tout n’y est pas toujours égal, mais cette prise de risque produit une énergie rare dans un paysage culturel souvent calibré.

Tenir jusqu’à l’aube

Le moment le plus révélateur de cette identité reste sans doute « La Traversée de la Nuit », organisée le 23 mai au théâtre Le Rideau, à Ixelles. Douze heures de lectures, musiques, images, performances et danses doivent s’y enchaîner de 18 heures à l’aube avec plusieurs dizaines d’artistes. Le dispositif dit beaucoup de l’ambition du fiEstival : faire de la poésie non pas un instant suspendu, mais une endurance collective.

La programmation convoque aussi des figures internationales majeures. La poète américaine Anne Waldman, grande voix de la Beat Generation tardive et de la poésie performée contemporaine, est annoncée au cinéma Vendôme pour une rencontre intitulée « Outrider – Éclaireuse ». Le nom de Saul Williams circule également dans les communications liées au festival ; faute d’annonce stabilisée dans la programmation officielle au moment de la rédaction, sa participation reste toutefois à confirmer.

À vingt ans, le fiEstival maelstrÖm continue ainsi d’occuper une place à part dans le paysage belge et francophone. Non pas parce qu’il chercherait à réconcilier tout le monde autour de la poésie, mais précisément parce qu’il refuse de l’adoucir. Le festival rappelle que la littérature peut encore être un lieu de collision, une fête nerveuse, un espace où les voix se cognent au réel au lieu de le contourner.

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