Les Estivales de Lods 4 au 8 août

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Informations pratiques

Du 4 au 8 août, ce village classé du Doubs troque son silence estival contre cinq jours de rencontres. Quatrième édition pour les Estivales de Lods, qui posent cette année une question simple et vertigineuse : peut-on vivre sans aimer ? L’Arménie répond en pays invité, Jean-Luc Marion en philosophe, et tout un village en terrain de jeu.

Lods compte moins de trois cents habitants. Ses maisons vigneronnes s’accrochent au versant de la vallée de la Loue, entre Ornans et les sources karstiques qui ont fait sa réputation touristique. Rien, a priori, ne prédestinait ce hameau classé parmi les Plus Beaux Villages de France à devenir, une semaine par an, un carrefour où se croisent poètes arméniens, philosophe de l’Académie française et pianistes contemporains. C’est pourtant le pari tenu depuis quatre ans par l’association Les Amis de la Poésie, du Piano, de la Philosophie et des Arts, qui refuse obstinément de choisir entre les disciplines.

Un thème et toutes les langues pour le dire

« Aimer pour vivre » : la formule sonne comme un aphorisme, elle est surtout un fil tendu entre les rendez-vous. Le mardi 4 août, le coup d’envoi se joue hors les murs, au Centre de linguistique appliquée de Besançon, où les poètes Charles Akopian et Christophe Dauphin dialoguent avec François Migeot autour de l’Arménie, pays invité de cette édition. Le thème s’écrit d’ailleurs aussi en arménien — Սիրել ապրելու համար — signe que l’invitation dépasse le symbole protocolaire.

Le lendemain, le festival prend ses quartiers à Lods. Jeudi 6 août, la poésie sort dans la rue : départ de la déambulation au Bief Poutot, verre de l’amitié sur le parvis de l’église Saint-Théodule, puis concert du soir signé Laurent Durupt et Trami Nguyen, qui donnent la Sonate D. 960 de Schubert et une sélection de Ballades et Intermezzi de Brahms. Vingt euros le billet, dix pour les Lodois, gratuit pour les enfants — une grille tarifaire qui dit assez l’esprit de la manifestation.

Marion, Ory, et la question qui ne se referme jamais

Vendredi et samedi matin, la mairie de Lods se transforme en salle de séminaire. Le philosophe Jean-Luc Marion, de l’Académie française, y anime deux séances consacrées à l’amour comme condition d’existence, en partant d’une phrase de saint Augustin : il n’est pas d’homme qui n’aime pas, reste à savoir ce qu’il aime au fond. Peu de festivals osent installer un séminaire de philosophie dans leur programme du matin ; celui-ci en fait un rendez-vous récurrent depuis plusieurs éditions.

L’après-midi du vendredi mêle les générations et les formats : table ronde autour de l’écrivain Daniel Leroux et du renouveau du conte, avec Pierrick de Chermont ; lectures de Jacques Ancet et Annelyse Simao, présentées par François Migeot ; puis, en fin de journée, l’historien Pascal Ory — également académicien — vient discuter des identités collectives, face aux écrivains Nicolas Idier et Réginald Gaillard. La soirée se referme par la remise du Prix Chassignet, distinction de poésie réservée aux collégiens, preuve que la relève n’est pas un supplément d’âme mais une ligne du programme.

Le samedi, la poésie rencontre le piano qu'elle a inspiré

Dernière journée, samedi 8 août : nouveau séminaire de Jean-Luc Marion le matin, puis ateliers l’après-midi — musique et création, Arménie et poésie, estampe et illustration, traduction. Le festival se clôt en beauté avec un récital mêlant poésie et piano, où est créée la miniature lauréate du Prix de composition sur poème : chaque année, des compositeurs du monde entier écrivent une pièce inspirée d’un texte contemporain, jouée pour la première fois devant le public qui l’a vue naître. Peu d’endroits offrent ce genre de commande vivante, où la partition sort de l’atelier pour aller directement au concert.

Ce qui frappe, à lire le programme, c’est l’absence de vedettariat. Les artistes restent sur place, mangent aux déjeuners-buffets du château, croisent le public dans les ateliers de l’après-midi. Pas de coulisses hermétiques : la proximité fait partie du projet, autant que les textes ou les notes. L’ensemble des activités est gratuit, à l’exception du concert de piano (15 euros, moitié prix pour les Lodois) et des repas (20 euros, 15 pour les moins de douze ans).

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