Poetry Day 2026 : trois jours avec Mahmoud Darwich du 25 au 27 septembre

© : DR - Pignon Ernest - reproduction de l’affiche

Informations pratiques

27 au 27 septembre

Institut du monde arabe
1 rue des Fossés-Saint-Bernard
Place Mohammed V
75005 Paris

Trois jours, une trentaine de lieux et un poète mort en 2008 dont les textes restent furieusement contemporains. Du 25 au 27 septembre, le Poetry Day 2026 met Mahmoud Darwich à l’affiche, de Paris à Beyrouth, Marrakech, Bruxelles ou Montréal. Pas question de déposer une gerbe au pied du grand homme : ses poèmes seront lus, joués, discutés, déplacés. Bref, remis en circulation.

Mahmoud Darwich aurait probablement détesté être réduit à une étiquette. Il en a pourtant collectionné quelques-unes : poète palestinien, poète de l’exil, poète de la résistance, voix d’un peuple. Tout cela est exact. Et tout cela devient vite encombrant dès qu’on ouvre ses livres.

Le Poetry Day 2026, organisé du 25 au 27 septembre par le Centre Pompidou et l’Institut du monde arabe dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, offre justement l’occasion de retourner aux textes.

Lectures, concerts, performances, rencontres, expositions : l’hommage déborde largement Paris. Une trentaine de lieux sont associés à cette édition, en France et à l’étranger. Bruxelles, Beyrouth, Marrakech, Rabat, Tanger, Genève, Turin, Lille ou Montréal participent notamment à cette cartographie Darwich.

Un poète qu’aucune étiquette ne suffit à contenir

Né en 1941 en Galilée, Darwich a sept ans lorsque sa famille prend le chemin de l’exil. Cette fracture ne quittera plus son œuvre. Mais elle ne l’enfermera pas non plus.

Car à relire Darwich, on trouve évidemment la Palestine, la dépossession, les frontières, l’exil. On trouve aussi du café, des chambres, des corps, des amours, des arbres, des morts qui reviennent et cette question obsédante : comment continuer à vivre lorsque l’Histoire s’installe jusque dans les gestes les plus ordinaires ?

C’est là que Darwich devient beaucoup plus intéressant que son portrait officiel.

Il n’écrit pas seulement un pays perdu. Il examine ce qui reste quand le lieu disparaît : la langue, les souvenirs, les objets, le désir et parfois une phrase assez solide pour transporter tout cela.

Des livres, mais surtout des voix

Le format du Poetry Day lui va particulièrement bien. Darwich fut un poète de la page, mais aussi de la scène. Ses lectures attiraient des milliers de personnes dans le monde arabe. La poésie y retrouvait une dimension devenue presque exotique en France : celle d’un événement collectif.

L’édition 2026 reprend cette énergie. À l’Institut du monde arabe comme dans les lieux partenaires, Darwich ne sera donc pas seulement commenté. Il sera lu à haute voix, mis en musique, repris par d’autres artistes et confronté à d’autres langues.

C’est sans doute la meilleure façon de célébrer un écrivain : empêcher son œuvre de prendre la poussière.

2026 change forcément la lecture

Impossible, enfin, d’organiser un hommage international à Mahmoud Darwich aujourd’hui comme on l’aurait fait il y a dix ans. Le Centre Pompidou inscrit explicitement cette édition dans le contexte de la guerre à Gaza.

Les textes du poète se retrouvent ainsi ramenés au présent avec une violence particulière. Darwich est mort il y a dix-huit ans ; ses poèmes, eux, parlent toujours depuis un territoire disputé, perdu, reconstruit par les mots.

Mais les relire uniquement comme le commentaire anticipé de notre actualité serait encore une manière de les réduire.

Darwich a passé sa vie à compliquer ce qu’on voulait simplifier. Le Palestinien était aussi un immense écrivain de l’amour. Le poète politique écrivait la peur de mourir. L’homme de l’exil savait qu’un café, une fenêtre ou quelques mètres carrés de chambre pouvaient parfois contenir davantage de vérité qu’un discours.

 

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