07 Sep Sicaud, Gauvraud, Peignot… les poésies de la souffrance
Chacun souffre à sa manière. Mais il appartient aux seuls artistes de pouvoir, de savoir produire de la beauté à partir de leur souffrance, comme si cette douleur vécue, qu’elle soit physique, psychique ou existentielle, pouvait parfois devenir l’aiguillon d’une géniale transmutation. Nous voudrions ici en exposer trois exemples, trois existences totalement différentes mais toutes marquées par la difficulté de vivre, survenue dès l’enfance ou apparue plus tard, et qui toutes trois nous ont laissé en héritage de ces vies terrestres gâchées, des textes illuminés par le feu du talent.
Le corps torturé de Sabine Sicaud, l’esprit perturbé de Claude Gauvreau, l’âme déchirée de Colette Peignot sont là pour nous prouver que du tragique des destins peut quelquefois surgir la lumière de la création.
Les cris écrits de Sabine Sicaud
« C'est un matin d'automne...
L'aube qui s'est levée à pas de loup, d'abord frissonne
En peignoir rose...puis se met à rire dans le ciel... »
C’est ce « Matin d’automne » écrit à l’âge de 9 ans, qui révèle au milieu littéraire le talent précoce de Sabine Sicaud et alerte Anna de Noailles sur le génie de cette enfant qui ne disposera pourtant que de quelques rares années pour s’épanouir.
Sabine Sicaud naît à Villeneuve-sur-Lot le 23 février 1913 dans la propriété familiale « La Solitude » qu’elle chérira plus que tout.
C’est aussi à « La Solitude » qu’elle terminera sa vie, 15 ans plus tard en 1928 dans les terribles souffrances d’une ostéomyélite.
De son père avocat, ami de Jaurès, de sa mère journaliste et nouvelliste, Sabine apprend le goût des mots. Dès 6 ans elle écrit ses premiers poèmes à la gloire de la nature qui l’entoure et qu’elle adore.
Participant à des concours de poésie, elle est remarquée par Anna de Noailles qui lui accorde un Jasmin d’Argent en 1924, d’autres prix en 1925, acceptant même de préfacer le premier recueil de la jeune poétesse « Poèmes d’enfant » paru en 1926. Ce sera l’unique ouvrage publié du vivant de la jeune fille.
« La Solitude » est le décor idyllique de la vie, des rêves, des écrits de Sabine. Le domaine lui inspire les premières pages de son enfance.
« Où ? Quand ? Sur quel chemin faut-il l’attendre
Et sous quels traits la reconnaîtront-ils
Ceux qui, depuis toujours, l’habillent de leur rêve ?
Est-elle dans le bleu de ce jour qui s’achève
Ou dans l’aube du rose avril ?
Dans ce lieu adoré, l’enfant s’adonne à tous les arts auxquels la prédispose son esprit pétillant et curieux : musique, dessin et poésie.
Pourtant ce bonheur bucolique s’interrompt brutalement un jour d’été 1927. Sabine se blesse au pied lors d’une baignade dans le Lot. La plaie mal soignée s’infecte jusqu’à provoquer une terrible ostéomyélite.
Dès lors tout change dans l’existence de Sabine Sicaud.
L’enfant se débat dans de terrifiantes douleurs, n’ayant plus que la poésie à opposer à la souffrance.
Les médecins qu’elle implore sont incapables d’enrayer le mal térébrant qui progresse inexorablement.
« Vous me laissez mourir de ma souffrance… Au moins
Faites-moi donc mourir comme on est foudroyé
D’un seul coup de couteau, d’un coup de poing
Ou d’un de ces poisons de fakir, vert et or,
Qui vous endorment pour toujours, comme on s’endort
Quand on a trop souffert, tant souffert jour et nuit
Que rien ne compte plus que l’oubli, rien que lui… »
L’enfant souffre de tout son être, alternant des périodes de désespoir avec des moments où la confiance semble revenir
« Filliou, quand je serai guérie
Je ne veux voir que des choses très belles,
De somptueuses fleurs toujours fleuries
Des paysages qui toujours se renouvellent…
Quand je serai guérie ».
Elle se bat avec toute l’énergie qui lui reste ; elle se rebelle contre la vie misérable qui lui est à présent promise. Quand Anna de Noailles fait paraître « L’honneur de souffrir », sorte d’idéalisation exaltée de la souffrance vue par quelqu’un qui n’en est pas atteinte dans sa chair, Sabine répond par un virulent « Douleur je vous déteste ».
« « Douleur je vous déteste ! Ah que je vous déteste !
Souffrance je vous hais, je vous crains, j’ai l’horreur
De votre guet sournois, de ce frisson qui reste
Derrière vous, dans la chair, dans le cœur… ».
Quelques mois de terribles douleurs ont transformé la petite fille adoratrice des beautés de la nature en une adolescente à la surprenante et terrible maturité ;
La fièvre l’envahit, la mort la frôle et elle lutte contre elle dans un combat inégal.
« Cette eau… cette eau qui m’échappe toujours
Qui nuit et jour obsède ma pensée…
Ne m’accorderez-vous deux gouttes d’eau glacée… ».
Comme l’écrira plus tard Claude Mauriac, « C’est de sa souffrance et de sa souffrance seule que parle l’enfant-poète dans ses derniers vers. Il faut les lire, pleurer et se taire »
Jusqu’à la fin elle gardera l’espoir dans une possible guérison, la confiance dans le bonheur humain, mais le combat est perdu d’avance. Le 12 juillet 1928 Sabine Sicaud termine sa fulgurante trajectoire dans cette « Solitude » qu’elle a tant aimé.
« La chaise vide…Ah comment feras-tu
pour supporter cela ?
Et moi qui pars, comment ferai-je
pour supporter le reste ? ».
Le recueil posthume « Les poèmes de Sabine Sicaud » ne paraîtra qu’en 1958, 30 ans après sa disparition. Les textes seront par la suite repris dans de nombreuses anthologies.
Certains affirmeront que Sabine Sicaud a occupé à l’orée du 20° siècle la place éminente tenue par Marceline Desbordes-Valmore au début du 19°siècle ; qu’elle a vécu si intensément sa vie intellectuelle en 3 ans qu’elle est morte de son génie plus que de sa maladie.
Mais non, ce n’est pas le génie qui provoque la souffrance, c’est la douleur qui exacerbe le talent poétique jusqu’à produire des textes parmi les plus émouvants et les plus poignants qu’il m’ait été donné de lire provenant d’une jeune fille à l’âme si élevée.
Et puisque Sabine Sicaud a espéré jusqu’à sa fin tragique, quittons-la par ce poème plein de lumière exprimant toute la richesse de ce cœur douloureux :
« N’oublie pas la chanson du soleil Vassili,
Elle est dans les chemins craquelés de l’été
Dans la paille des meules
Dans le bois sec de ton armoire,
Si tu sais bien l’entendre
Elle est aussi dans le chant du criquet
Vassili, Vassili, parce que tu as froid ce soir
Ne nie pas le solei.
Claude Gauvreau ou la transposition des maux
« Je parle à mon âme et mon âme seule comprend alors que je ne comprends pas moi-même ».
L’impossible deuil d’un chagrin d’amour suffirait-il à faire basculer dans l’aliénation un esprit déjà chancelant ?
Pour le poète, dramaturge et critique d’art québécois Claude Gauvreau on peut raisonnablement se poser la question.
Celui qui est devenu l’un des auteurs majeurs de la littérature poétique et dramatique québécoise n’a pourtant de son vivant que très peu publié et son talent fut fort peu reconnu.
Né à Montréal le 19 août 1925, Claude Gauvreau vit son enfance dans une ambiance théâtrale et artistique. Dès le collège il est fortement influencé par l’oeuvre de Claudel, Rimbaud, Tzara, Artaud, mais l’adolescent est rebelle à toute forme d’autorité et se fait renvoyer par deux fois pour des dessins obscènes et des opinions incompatibles avec l’enseignement officiel.
Le jeune homme est tenté par l’écriture mais se sent prisonnier d’un langage à son avis trop dépendant de la réflexion. Il voudrait inventer un langage nouveau, qui lui serait personnel, basé sur un automatisme qui ne dépendrait pas de la pensée. Il semble alors trouver son bonheur en adhérant au Mouvement automatiste.
Le Mouvement automatiste réunit un groupe d’artistes québécois de toutes spécialités prônant un renouvellement du langage artistique.
Autour du peintre Paul Émile Borduas, adepte d’un « expressionnisme abstrait », se développe alors une « écriture automatique » inspirée du surréalisme et liée à l’inconscient. L’esprit, pour ce faire, doit se laisser aller, à la manière des médiums qui écrivent ainsi les messages considérés reçus de l’au-delà.
Claude Gauvreau a 22 ans lorsqu’il donne sa première pièce « Bien être » en 1947 pour l’actrice Muriel Guilbault.
L’auteur est fou amouteux de son interprète, amour total, idéalisé, de l’ordre de la transcendance, qui lui fait voir la jeune femme comme une œuvre à contempler. Chez cet athée apparaît la vision du divin par l’intermédiaire de cette femme.
Mais c’est un amour sans retour, Muriel Guilbault ne le considérant pas au-delà de l’amitié.
En 1952, Muriel se suicide.
Ce sera pour Claude le début de la dégradation psychique. Surviennent alors ses premières crises d’amnésie et d’hallucinations alors qu’il rédige un roman basé sur sa relation amoureuse, « Beauté baroque », dans une langue émaillée de mots inventés, une narration où transparaît son amour de la liberté et sa haine de toute censure contraignante :
« La censure c’est l’éteignement de l’esprit !…
La censure c’est la barbarie arrogante…
C’est le broiement du cœur palpitant dans un gros étau brutal…
C’est la négation de la pensée ».
1954 verra sa première hospitalisation en psychiatrie, suivie de beaucoup d’autres.
C’est que Claude Gauvreau se sent coupable de la mort de Muriel.
La veille de son suicide, elle lui avait téléphoné pour lui demander de lui dire « quelque chose de gentil » et lui, l’auteur, le créateur de langage, n’avait pas trouvé les mots qui convenaient.
Malgré ses nombreux épisodes psychiatriques, Claude Gauvreau ne douta jamais de son génie.
Il ne concevait pas qu’il dût gagner sa vie, préférant les internements à un travail servile. Il considérait qu’il devait souffrir pour sa gloire, que les supplices endurés, électrochocs, médicaments abrutissants, étaient la démonstration de son génie.
Ces séjours à l’hôpital deviendront au contraire la trame et le décor de ses œuvres futures.
Dans sa pièce écrite en 1956 qui sera un échec retentissant à sa création en 1970, « La charge de l’orignal épormyable », un patient se fait interroger par des thérapeutes.
« Elle a été un songe fait corps. Comprenez-vous : l’idéal extravagant le plus improbable qui se présente devant soi, qui vient vers soi, qui est là, qui est à soi… »
Dans « L’asile de la pureté » écrite en 1953, un jeune poète décide de jeûner jusqu’à la mort en hommage à son amour disparu.
« Je n’ai plus d’amis efficaces. Mes amis à présent ont la couleur du bonbon rose. Affaibli et saignant, bientôt saigné, à présent j’ai des tas d’ennemis efficaces… ».
1958 voit une nouvelle dépression le menant à être encore hospitalisé.
L’auteur met alors à profit cet internement pour écrire 39 textes radiophoniques dans lesquels le poète se confronte au pouvoir et à la médiocrité en exprimant ses deux valeurs vitales : l’amour et la création.
En 1961, le décès de sa mère renvoie de nouveau Claude Gauvreau à l’hôpital pour un long et douloureux séjour, l’un des plus détestables affirmera-t-il.
Il y écrit les « Poèmes de détention » où le thème de la liberté est omniprésent, rattaché à son langage « exploréen » :
« Je suis Dieu pour mes sourires secrets
Et en vérité je suis moi-même
Franc, Noble et plein de liberté
Draggammal amalatha birbouchel
Ostrumaplivi tigando umotransili ».
Mais la mort, l’idée de la mort, l’angoisse de la mort ne cessent d’obséder l’auteur.
Le 6 juillet 1971, Claude Gauvreau travaille avec le metteur en scène de sa pièce « Les oranges sont vertes », jusque tard dans la nuit à la veille des premières répétitions.
Le lendemain, le poète est retrouvé empalé sur une clôture, défenestré ou tombé du toit ;
Suicide ? Accident ? Délire médicamenteux ? La question reste posée.
Le metteur en scène Jean-Pierre Roufart déclarera : « Il est très possible que dans le brouillard de son esprit il se soit tout simplement pris pour un oiseau »
Quoi qu’il en soit, cette mort tragique transformera l’auteur maudit en mythe, démentant ce qu’il avait un jour affirmé :
« Ma mort n’aura pas plus d’utilité, pas plus de rayonnement que ma survie ».
Claude Gauvreau…
Long métrage documentaire sur le poète Claude Gauvreau. Le monstre sacré de la parole nous apparaît en pleine possession de son expression lyrique. À la Nuit de la poésie, il récite quelques-uns de ses poèmes ; puis ce sont de larges extraits de sa fameuse Charge de l’orignal épormyable; enfin, il se prête à certaines entrevues. Un personnage fort et attachant nous est décrit. C’est le portrait émouvant de ce poète qui n’est peut-être plus loin de passer à la légende.
Colette Peignot, de la rébellion à la transgression
« Je voudrais crier au secours comme si le secours pouvait venir d'aucun autre être au monde que de soi ».
Les fées semblaient pourtant s’être penchées sur le berceau de Colette Peignot.
Elle naît le 8 octobre 1903 à Meudon dans une famille bourgeoise traditionnellement catholique.
Son père, industriel dirige une fonderie de caractères typographiques florissante fondée par un aïeul.
Sa mère appartient à une famille d’artistes, peintres, sculpteurs ; elle est la descendante du fondateur du Musée des Monuments français.
Colette, douée de fibre artistique apprend le dessin et se passionne pour le piano dès son plus jeune âge.
La guerre de 1914 met fin à cette enfance sans histoire.
Le conflit emporte successivement son père, Georges, et deux de ses oncles, André et Rémi.
Le troisième oncle, Lucien, revient du front atteint de tuberculose et s’éteint un mois plus tard de cette maladie dans la maison familiale, alors qu’il occupait la chambre de sa nièce.
C’est auprès de lui que Colette contracte aussi la tuberculose qui l’handicapera toute sa vie : fin 1916 on la croit mourante, elle ne s’en sortira et ne pourra remarcher qu’à l’été 1917.
Mais ce n’est pas tout des avanies endurées et subies ;
Un ami de la famille, l’abbé Marcel Pératé, directeur de conscience du père, s’installe à domicile à partir de 1914 au prétexte de soutenir la famille.
Il en profite surtout pour agresser sexuellement Colette et sa sœur Madeleine.
Colette ne se remettra jamais de cette agression qui la hantera toute son existence, d’autant plus que si elle obtient le soutien de son frère à qui elle se confie, elle ne trouve chez sa mère qu’incrédulité, silence, négation de l’acte et soutien de l’agresseur.
Au lieu d’aider ses filles, la mère ne songe alors qu’à marier l’aînée, Madeleine, au plus vite, qui plus est avec un ami du prêtre. Madeleine fera alors une tentative de suicide qui la conduira à être éloignée pour une très longue convalescence. Colette en sera très profondément meurtrie.
Pour Colette, âgée de 17 ans,c’est alors la rupture.
Elle perd sa foi catholique, devient violemment anticléricale et ne songe plus qu’à rompre totalement avec son milieu.
Après plusieurs rechutes de sa maladie, elle finit par abandonner le piano alors qu’elle se destinait à devenir concertiste.
Sa rencontre avec l’écrivain Jean Bernier en 1922 l’ouvre aux théories marxistes léninistes et anti-coloniales. Sa liaison sera ponctuée de plusieurs abandons de Colette par son amant au point qu’elle en arrive à une tentative de suicide après une nouvelle rupture.
À l’occasion d’un séjour dans un sanatorium suisse, elle rencontre Edouard Trautner, militant d’extrême gauche qui l’initie au sado-masochisme, pratiqué par Trautner comme une lutte politique : à travers Colette, il pense salir et humilier la bourgeoisie.
Colette, écorchée vive, sombre alors dans une débauche mortifère qui pourtant, du moins l’affirme-t-elle, la ramène à la vie.
« Peu savent qu’à se détourner
ils retrouveraient le sel de la vie.
À se détourner ils craindraient
de se voir transformés en statue de sel
Peu savent qu’à se détourner du droit chemin
ils retrouveraient le goût… » .
1929 : Colette rentre en France, se lie à Boris Souvarine, dirigeant du Parti Communiste, collabore à une revue d’extrême-gauche, voyage en URSS, mais sa santé la rattrape.
En 1934 elle abandonne Souvarine et entame une liaison avec Georges Bataille. La relation est houleuse, ponctuée d’alcoolisme, d’humiliations et de débauche, conduisant chez Colette à la survenue d’une dépression nerveuse.
Sa psychothérapie fait alors remonter à la surface tout son passé et en particulier l’origine du mal, l’agression par l’abbé Pératé.
Le poème « Le corbeau », qu’elle écrira plus tard, texte à la limite de l’épouvante et du rêve, vision tragique de la condition humaine, traduira ce mal-être (ce poème n’est pas sans résonner comme « l’aigle noir » de Barbara écrit dans des circonstances analogues) :
«…je sentais à mon épaule
ce frôlement lourd et discret
de l’oiseau aux ailes noires
et le considérant avec douceur
j’eusse voulu que partout il m’accompagnât
et toujours me précédât
comme un chevalier son hérault
(…)
le papier à fleurs et moisi
ondulait par vagues
vers un plancher pourri
(…)
Dans ce grenier souillé
l’oiseau me rejoignit
de son cri
pour fouailler les vivants
de son bec
pour dépecer les morts… »
Colette, passée du marxisme à l’anarchisme, écrit beaucoup entre 1934, 1936 après sa thérapie, et 1938 qui signera son décès après une longue hospitalisation.
Au cours de cette période, Colette rédige de nombreux poèmes, de longues lettres à ses amis, et surtout l’histoire de sa vie.
Rien ne sera publié de son vivant, beaucoup de textes seront détruits par elle.
Ce n’est qu’en 1943 que Georges Bataille fera paraître ces écrits sous le nom de Laure, pseudonyme avec lequel elle signait ses carnets intimes.
Paraîtront alors « L’histoire d’une petite fille »qui est l’histoire de sa vie, puis « Le sacré », ensemble de ses poèmes et textes.
Toute sa vie Colette Peignot aura été une écorchée, une morte cherchant à revivre, une femme prisonnière des malversations masculines, une enfant souillée cherchant dans l’écriture une main secourable pour l’extirper de la boue.
« On t’a mordu l’âme
Enfant
Et ces cris et ces plaintes
Et cette faiblesse native
Oui.
Et s’ils ont vu mes larmes
Que ma tête s’enfonce
Jusqu’à toucher
le bois
et la terre ».
Sans doute, le talent littéraire se serait-il exprimé chez ces trois auteurs même en l’absence des circonstances tragiques qui ont émaillé leur vie.
Certes, le génie s’était déjà précocement exprimé chez Sabine Sicaud, traversait l’esprit de Claude Gauvreau, couvait sous la cendre chez Colette Peignot.
Néanmoins, l’expression de leurs souffrances trouva pour chacun dans l’écriture sinon un moyen de les adoucir, du moins une soupape à l’explosion de leur mal-être.
Collaborateur régulier de Strophe.fr, Patrice Alzina est poète, essayiste et conférencier, publié en France, en Belgique et au Québec. Son ouvrage « La poésie n’est pas ce que vous croyez » a reçu en 2025 le Prix Yves Barthez de l’essai littéraire de l’année décerné par l’Académie des Jeux Floraux. Scientifique de formation, il est Docteur en Sciences Odontologiques, ancien universitaire et ancien expert près les tribunaux.
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