12 Oct Parole ambulante : les mots contre le silence du 2 au 15 novembre
Informations pratiques
du 2 au 15 novembre
– Lieux : Lyon, Vénissieux, Bron et plusieurs lieux de la région Auvergne-Rhône-Alpes
– Tarifs : nombreux événements gratuits ; autres rendez-vous payants selon la programmation, de 4,30 € à 17 €, et adhésion demandée pour la soirée au KoToPo
Du 2 au 15 novembre, le festival Parole ambulante revient à Lyon et dans sa région pour une 31e édition placée sous le signe de « Combler les silences ». Poésie, littérature, jazz, cinéma et rencontres composent un programme où les voix se croisent et les disciplines se bousculent. Depuis plus de trente ans, l’Espace Pandora défend une conviction : la poésie gagne à fréquenter le monde plutôt qu’à rester entre poètes.
Faire du bruit en murmurant
Il existe mille façons de se taire. Par prudence, par peur, par lassitude. Il en existe presque autant de prendre la parole. Depuis trente et un ans, le festival Parole ambulante explore les secondes, sans ignorer les premières.
Du 2 au 15 novembre 2026, l’Espace Pandora, sous la direction artistique du poète Thierry Renard, déploie une nouvelle édition intitulée « Combler les silences ». Une proposition qui tombe à point nommé dans une époque où l’on parle beaucoup, souvent très fort, sans toujours parvenir à s’entendre.
L’ambition du festival reste fidèle à ses origines : faire circuler la poésie, la confronter à d’autres formes artistiques et multiplier les occasions de rencontre. Cette année, le programme emprunte les chemins du récit, de la chanson, du cinéma, du jazz et des arts plastiques. Une manière de rappeler que la poésie ne se mesure ni au nombre de vers ni à celui des rimes.
De Camus à l'intelligence artificielle
L’ouverture, le 2 novembre au Théâtre des Marronniers, sera consacrée à Albert Camus, autour d’une anthologie présentée par Thierry Renard. Paola Pigani, Guillaume Dreidemie et Michel Kneubühler participeront à cette soirée, accompagnés par le musicien Louis Dulac et le comédien Damien Gouy.
Le lendemain, changement de décor avec la projection de Her, de Spike Jonze, au cinéma Gérard-Philipe. Cette histoire d’amour entre un homme et une intelligence artificielle, devenue étrangement familière, sera suivie des interventions de Sandrine Malika Charlemagne et Valère Staraselski. L’occasion d’interroger ce que la technologie fait à nos sentiments, à notre langage et, peut-être, à notre solitude.
Autre rendez-vous particulièrement actuel : le 12 novembre, à la librairie Terre des livres, Marina Skalova abordera la traduction à l’ère de l’intelligence artificielle, à l’occasion de sa traduction de Pieds en l’air, loin la terre, de Yanka Diaghileva. Une question qui touche au cœur de la création littéraire : traduire, est-ce seulement transporter des mots d’une langue à l’autre, ou faut-il aussi savoir entendre ce qu’ils taisent ?
Des voix, du jazz et quelques frontières à traverser
Marraine de cette édition, l’écrivaine Louise L. Lambrichs participera notamment à la soirée Jazz & Poésie du 7 novembre, à l’Alliance Française de Lyon. Aux côtés de Pierre Soletti et d’Amel Boudali, elle partagera l’affiche avec le trio du saxophoniste Michel Fernandez.
Le festival accordera également une place aux écritures qui interrogent notre rapport au monde. Le 5 novembre, Wendy Delorme et Wilfried N’Sondé se retrouveront au Théâtre Sous le Caillou pour explorer les liens entre fleuve, littérature et écologie. Le 10 novembre, Marina Skalova et Laura Tirandaz feront dialoguer leurs expériences de la langue et de l’écriture, entre poésie et engagement politique.
À la Ferme du Vinatier, le 4 novembre, la soirée « Combler les silences » associera deux expositions, Fragments de toiles et Parle à mes yeux, à des lectures de Sandrine Malika Charlemagne et Valère Staraselski. Un rendez-vous au cœur de l’hôpital, où la création artistique vient rencontrer d’autres expériences de la parole, de la fragilité et du regard.
Une littérature qui préfère les rencontres aux frontières
Parole ambulante doit aussi sa singularité à sa géographie. Théâtres, bibliothèques, librairies, médiathèques et lieux culturels accueillent une programmation volontairement dispersée. Le public est invité à circuler, à découvrir des auteurs et à passer d’une discipline à l’autre.
La résidence René Leynaud mettra notamment à l’honneur sa lauréate 2026, Amel Boudali, lors d’une rencontre le 6 novembre à la Bibliothèque municipale de Lyon. Deux jours plus tard, la remise du Prix Roger Dextre des écritures en atelier rappellera que la littérature ne se réduit pas aux écrivains déjà publiés.
Le 13 novembre, au KoToPo, une soirée de clôture réunira notamment Nour Cadour et Marina Skalova, après une lecture de poétesses chiliennes par Pascale Amey. Le festival se prolongera néanmoins jusqu’au 15 novembre, au Théâtre Carré 30, avec une lecture collective autour du recueil Ensemble, ils sont le monde, réunissant Christine Durif-Bruckert, Claude Gobet et Thierry Renard, à l’invitation de Lorraine Pobel.
En choisissant de « combler les silences », Parole ambulante ne prétend évidemment pas résoudre les désordres du monde à coups de poèmes. Ce serait beaucoup demander à quelques strophes. Mais offrir à des voix différentes la possibilité de se rencontrer, de s’écouter et de se répondre constitue déjà une entreprise suffisamment ambitieuse pour mériter le déplacement.
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